Événements - Projections - 2019/2020 -

Instants vidéo [projection]

Jeudi 24 octobre 2019 à 18h

Les 32es INSTANTS VIDEO présentent une programmation d’art vidéo international intitulée
« Avant le livre. Avant l’image : L’enfance de l’art »

Le jeudi 24 octobre à 18h

Le 8 novembre, les Instants Vidéo accueille Le livre d’image de Jean-Luc Godard à la Friche de la Belle de Mai. Une telle réception se prépare. Retourner à l’école, porter son regard sur l’enfance de l’art : du latin infans, qui ne parle pas. Imaginer un impossible art d’avant l’image, d’avant la parole. C’est peut-être pour cela que l’humanité ne cesse de scruter le ciel des fois que l’image et la parole originelles apparaîtraient. Il y a cinquante ans, en creusant l’univers, en se rendant sur la Lune, l’homme a découvert que l’horizon n’était autre que la Terre d’où il venait. Cela le rassura. L’univers allait bientôt pouvoir se mondialiser avec en son cœur le nombril de l’homme. Si l’art a encore un sens, c’est d’apporter un démenti. L’art vidéo, né en même temps que la conquête de l’espace, a cette mission. Le dictionnaire situe la « vidéo » entre le « vide » et le « vide-ordures », le vertige du non-savoir et la rigidité du savoir tout puissant.
Dans le Livre d’image, nous entendons ceci : « Aucune activité ne deviendra un art avant que son époque ne soit terminée, ensuite cet art disparaitra. »

Programmation

Partie 1

« Entre le vide et vide-ordures »
Comment expliquer l’art performance à ma fille adolescente
(6’ - 2018) / Rachel Echenberg (Canada)
En faisant référence à la performance de Joseph Beuys réalisée en 1965, mère et fille abordent les complexités sensorielles de comprendre l’art.
Mère et fille abordent les complexités de comprendre l’art à travers une action intime. Ceci est entrecoupé avec une description de la performance de Joseph Beuys réalisée en 1965, Comment expliquer les images à un lièvre mort. L’absurdité et la tendresse se confondent pour révéler la compréhension en tant qu’activité sensorielle.

La Mazda jaune et Sa Sainteté (10’31 – 2018) / Sandra Heremans (Belgique)
Le film commence par une image noire, une expérience conceptuelle qui se transforme en un essaie personnel et subtil de la réalisatrice. Ce court métrage raconte l’histoire d’un missionnaire tombé amoureux d’une fille rwandaise, se métamorphosant petite à petit en une réflexion personnelle mise en images par leur fille.

Desire on the Surface of the Skin (2’42 – 2019) / Sunny Stanila (Canada)
Un vidéo poème abstrait qui explore le désir et le touché.

Techno Inferno (5’24 – 2019) / Farhanaz Rupaidha (Indonésie)
La Terre se ternit avec l’extinction de la nature. Le vent souffle la mort de la beauté réelle . Seuls les déchets restent. La montagne de détritus de notre excessive convoitise de nourriture, véhicules, confort et libertés hybrides de communication. Nous blessons la nature en extrayant son carburant, puis nous le lui restituons en tant que déchet.

Abysm (6’18 – 2018) / Susanne Wiegner (Allemagne)
Ce film est un jeu visuel de changements de perspectives et de points de vues surprenants qui construisent un scénario absurde, comme une image fantaisiste qui ne respecterait pas les lois de la physique. Les différentes scènes reviennent plusieurs fois, comme des constructions digitales résolues spatialement. Le spectateur est constamment déçu et rattrapé par cette boucle permanente de désastre.

Tattva (5’ - 2018) / Kalpana Subramanian (Inde / USA)
Le mot « Tattva » en Sanskrit signifie vérité, réalité. Ce film est une méditation auto-ethnographique qui intègre de la micro biologie dans la projection vidéo pour sonder notre « matériau naturel d’existence. » La microscopie électronique est utilisée pour capturer les nano paysages qui sont projetés sur la peau comme écran, brouillant la distinction entre ce qui est humain et non humain, sujet-objet, matière et esprit.

Flux (0’24 – 2019) / Gabriel Orenstein (Uruguay – USA)
Flux est une courte vidéo qui traite de l’art et de la transmutation des images et de la perception. Du fluide au solide, de sensations physiques et conceptuelles à l’imagination.

Space Dialogues (8’30 – 2018) / Shashwati Talukdar (Inde / Taïwan)
Odyssée dans l’espace d’images trouvées, allant des colonisateurs jusqu’aux réfugiés.

Unicorn (5’18 – 2016) / Thiago Salas (Brésil)
Selon la mythologie, les licornes sont des êtres possédant des pouvoirs magiques et miraculeux, ayant pour principale technologie leur corne et leur sang. Tous les deux ont des vertus curatives et régénérantes capables de prolonger la vie d’une personne pour plusieurs années, ou de sauver quelqu’un à la limite de la mort, par exemple. Ces animaux fantastiques auraient le pouvoir de purifier toute chose, amenant vie et lumière à ce qui jusque là était mort et obscur.

Partie 2

« Comment donner une orientation artistique à un festival quand les images posent davantage question que ce qu’elles apportent comme réponse ? »
Pour concevoir les programmations des 32es Instants Vidéo intitulées cette année Effondrements / Soulèvements, le directeur artistique a dû en passer par la réalisation d’un film de recherche. Projection et discussion avec le public.

Enquête sur des disparitions (21’55 – 2019) / Marc Mercier (France)
Au commencement, il y a un film de communication d’une société de nettoyage avec des corps et des couleurs de femmes de ménage qui ont disparu.
Ce film ouvre une enquête. Ouvre les images. Etablit des rapports. Qui nous amènent loin. Aux temps des colonies. Sous les bombes au Moyen-Orient. Sous les immeubles qui s’effondrent à Marseille. Sur un ring où un noir américain percute un boxeur nazi.
Le film aurait pu s’appeler Effacement / Apparition. Ou bien, Effondrement / Soulèvement. Car c’est le heurt, l’affrontement, le conflit qui font exister les êtres invisibles de ce monde. Notamment, les femmes qui nettoient notre monde. Au bout du compte, en fouillant les poubelles de l’Histoire, une question demeure : comment désembourber l’avenir ?


ESAAix - École supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr